Calculer astucieusement, c’est réécrire un calcul sans changer sa valeur, de façon que les opérations restantes soient plus simples. Un nombre « rond » (10,100,1000…) est souvent un indice : un nombre proche d’un nombre rond s’écrit « nombre rond plus ou moins un petit nombre », comme 105=100+5. Mais l’indice ne détermine pas à lui seul l’outil : identité remarquable ou distributivité.
En clair : on ne calcule pas plus vite en calculant plus fort, mais en choisissant une écriture où il ne reste que des calculs faciles.
Pourquoi les identités servent-elles à calculer de tête ?
Outil de démonstration : une identité est vraie pour tous les nombres.
Les identités de la section 3.2 sont vraies pour tous les nombres a et b, donc aussi pour a=100 et b=5:
Avec a rond et b petit, chaque terme se calcule de tête : trois secondes de calcul, sans calculatrice. Le résultat est exact, car l’identité est démontrée pour tous les nombres : ce n’est pas une approximation. ■
Figure 16.
Calculer de tête avec une aire
Le nombre est écrit « nombre rond a plus un petit nombre b»; avec b négatif, il est inférieur au nombre rond, comme 99=100−1. « Un carré » découpe le carré de ce nombre, « Un produit » le rectangle de côtés a+b et a−b; chaque morceau de l’aire se calcule de tête. Le schéma n’est pas à l’échelle : la bande étroite est élargie pour rester visible.
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle C1, « Calculer de tête un carré ou un produit proche d’un nombre rond ».
ATTENTION · APPLICABLE NE SIGNIFIE PAS TOUJOURS AVANTAGEUX
Tout produit de deux nombres u et v peut, sur les réels, être centré autour de leur moyenne :
Ainsi, 47×999=5232−4762 est une égalité correcte, mais elle rend le calcul plus difficile. La distributivité 47×999=47×(1000−1)=46953 est ici plus économique. Une méthode est « maligne » seulement si elle est à la fois exacte et moins coûteuse.
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle C2, « Calculer de tête en reconnaissant la forme développée d’une identité ».
Activité : une bordure carrée, développer ou factoriser une aire
Un carré intérieur a pour côté x mètres. Une bordure de 2m de largeur l’entoure : le grand carré a donc pour côté x+4.
L’aire de la bordure est notée A, que l’on lit « A rond ». En clair : A est le nom donné à cette aire, en mètres carrés. C’est la différence des aires :
A=(x+4)2−x2.
Figure 17.
La bordure carrée, lue de deux façons
Le grand carré a pour côté x+4; la bordure, en orange, a 2m de largeur. « Développer » la découpe en quatre bandes de x sur 2 et quatre coins de 2 sur 2; « Factoriser » en quatre bandes de x+2 sur 2, qui se recollent en un rectangle de 2x+4 sur 4.
Deux transformations donnent deux lectures : en développant, puis, plus directement, en factorisant,
A=x2+8x+16−x2=8x+16
et
A=[(x+4)+x][(x+4)−x]=(2x+4)×4=8(x+2).
Pour x=6, le contrôle géométrique donne 102−62=100−36=64, et la forme factorisée donne 8×(6+2)=64.
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle T1, « Rédiger la solution d’un problème ».
5.2 · DÉMONTRER
Démontrer un résultat général : de la conjecture à la preuve
MÉTHODE · LA BOÎTE À OUTILS DU DÉMONSTRATEUR, VERSION CALCUL LITTÉRAL
Ce chapitre contient plusieurs démonstrations complètes. Chaque encadré de démonstration indique en première ligne l’outil qu’il emploie ; voici les quatre outils principaux.
Preuve directe par le calcul littéral. On choisit un nombre quelconque, désigné par une lettre que l’on ne remplace jamais, et l’on enchaîne des égalités justifiées (distributivité, identité, réduction) jusqu’à la forme qui prouve : 5(n+2) pour un multiple de 5,2k+1 pour un impair. C’est l’outil de toute cette section.
Double comptage d’une aire. On calcule une même surface de deux façons ; les deux résultats sont égaux. Cet outil rend visible l’origine d’une formule, mais il ne vaut que pour des longueurs positives : la preuve algébrique achève le travail (partie 3).
Baptiser un bloc. On donne un nom à une expression entière (k=a+b) pour lui appliquer un résultat déjà connu, puis on redéveloppe le bloc (section 2.2).
Contre-exemple. Pour réfuter une égalité annoncée « pour tous les nombres », un seul exemple chiffré suffit : (3+4)2=49 alors que 32+42=25. À l’inverse, une liste finie d’exemples favorables ne démontre pas l’énoncé pour tous les réels.
Complément : tester une valeur simple (x=0 ou x=1) peut détecter une erreur, mais ne prouve pas une identité pour tout x; une identité se démontre par une chaîne d’égalités valable pour toutes les valeurs.
DÉFINITION · CONJECTURER N’EST PAS DÉMONTRER
Une conjecture est une affirmation proposée à partir d’observations et qui reste à démontrer. Pour un énoncé portant sur tous les nombres d’un ensemble infini, une liste finie d’exemples établit seulement les cas testés : elle ne couvre pas l’énoncé universel. Dans les situations de cette section, la démonstration choisit un nombre quelconque, précise ce que la lettre désigne, puis enchaîne des égalités justifiées. En revanche, un seul contre-exemple suffit à réfuter une affirmation universelle.
On lit « pour tout entier n»: l’affirmation est vraie quel que soit l’entier choisi. En clair : une conjecture est une idée à prouver ; tant que la preuve n’est pas écrite, elle reste une idée, même après mille essais réussis.
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle J3, « Tester une affirmation sur des exemples et conjecturer ».
DÉFINITION · PROGRAMME DE CALCUL
Un programme de calcul est une suite d’instructions à effectuer dans l’ordre, à partir d’un nombre de départ. Avec un nombre de départ quelconque, noté x, le programme produit une expression littérale ; le résultat obtenu pour un nombre donné est la valeur de cette expression pour ce nombre.
En clair : une expression littérale est un programme de calcul écrit sur une seule ligne ; 2(3x+1) se lit « choisir x, le multiplier par 3, ajouter 1, multiplier le résultat par 2».
Pourquoi des parenthèses quand on traduit un programme ?
Outil de démonstration : les priorités opératoires.
Le résultat d’une instruction est un seul nombre. Quand l’instruction suivante le multiplie ou l’élève au carré, c’est ce nombre tout entier qui est multiplié : on le met entre parenthèses. Avec le programme « choisir x, ajouter 6, multiplier par 4», le résultat est 4(x+6); sans parenthèses, 4×x+6 ne multiplierait que x par 4. Pour x=1, le programme donne (1+6)×4=28, alors que 4×1+6=10.■
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle P1, « Utiliser un programme de calcul ».
Pourquoi peut-on effectuer la même opération sur les deux membres ?
Outil de démonstration : deux nombres égaux sont un seul et même nombre.
Si A=B, les deux membres désignent le même nombre ; un même calcul appliqué à ce nombre donne un même résultat : A+c=B+c,A−c=B−c,A×c=B×c, et, si c=0,cA=cB. On transforme ainsi l’égalité « expression = résultat voulu », une opération par ligne, jusqu’à isoler x. On ne divise jamais par 0: c’est pourquoi on précise c=0. La vérification finale, qui applique le programme au nombre trouvé, contrôle qu’aucune erreur de calcul n’a été commise. ■
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle P2, « Trouver le nombre de départ qui donne un résultat voulu ».
EXEMPLE · DEUX PROGRAMMES : LES ESSAIS SUGGÈRENT, LE CALCUL DÉMONTRE
Programme A : choisir un nombre ; le multiplier par 5; ajouter 7; soustraire le nombre de départ ; ajouter 3.
Programme B : choisir un nombre ; le multiplier par 2; ajouter 5; multiplier le résultat par 2.
Figure 18.
Deux programmes, côte à côte
Les programmes A et B, côte à côte : chaque instruction écrit son résultat à côté d’elle, et les deux résultats finals sont comparés en bas.
TA CONJECTURE
Après plusieurs essais, je conjecture que les programmes A et B…
✓ Oui : avec 1,2 et 3, ils donnent 14,18 et 22, et la figure le montre pour d’autres nombres. Mais des essais, même nombreux, ne traitent que les nombres essayés : c’est une conjecture, que le calcul va démontrer.
✗ Non : des instructions différentes peuvent donner le même résultat. Compare les deux résultats finals sur la figure : ils sont égaux pour tous les nombres essayés.
✗ Non : avec −4, le programme A donne 5×(−4)+7−(−4)+3=−6 et le programme B donne (2×(−4)+5)×2=−6. Essaie d’autres nombres négatifs sur la figure.
✗ Non : avec 2,5, les deux programmes donnent 20. Rien dans les instructions ne distingue les nombres entiers des autres.
Mets ta conjecture à l’épreuve : choisis « Avec un nombre quelconque x». Chaque instruction écrit alors son résultat avec la lettre, et les deux programmes aboutissent à la même expression, 4x+10. C’est la démonstration qui suit.
Les essais du cours et la démonstration s’afficheront ici dès que ta conjecture sera trouvée.
EXEMPLE · LES ESSAIS, PUIS LA PREUVE
Avec 1,2 puis 3, les deux programmes donnent respectivement 14,18 et 22. Cela suggère qu’ils sont équivalents, mais ne traite que trois nombres.
Soit x un nombre quelconque. Le programme A donne 5x+7−x+3=4x+10; le programme B donne 2(2x+5)=4x+10. Les deux expressions sont égales à 4x+10. Donc, pour tout nombre x, les deux programmes donnent le même résultat. ■ Ici, la preuve n’est pas la liste d’essais ; c’est la réduction des deux résultats à une même expression.
Pourquoi une chaîne d’égalités prouve-t-elle une identité ?
Outil de démonstration : preuve directe par le calcul littéral.
Chaque égalité de la chaîne applique une règle vraie pour tous les nombres (distributivité, identité remarquable, réduction) : chaque maillon est donc vrai pour toute valeur de x, et la chaîne relie le premier membre au second pour toute valeur de x. C’est la question à poser devant une identité (partie 1, tableau « Devant un signe =») : on part d’un membre et on le transforme par des égalités justifiées jusqu’à obtenir l’autre, ou l’on transforme chaque membre jusqu’à une même expression. Des essais numériques, eux, ne traitent que les valeurs essayées. ■
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle J1, « Démontrer qu’une égalité est vraie pour tout nombre ».
EXEMPLE COMPLET · LA DIFFÉRENCE DES CARRÉS DE DEUX ENTIERS PAIRS CONSÉCUTIFS
Question. Que peut-on dire de la différence des carrés de deux entiers pairs consécutifs ?
Étape 1 : expérimenter, au tableur ou à la main. Pour un entier n, les deux entiers pairs consécutifs 2n et 2n+2 donnent la différence (2n+2)2−(2n)2:
n
0
1
4
12
125
2n
0
2
8
24
250
2n+2
2
4
10
26
252
(2n+2)2−(2n)2
4
12
36
100
1004
(Au tableur : A2=n,B2=(2*A2+2)^2-(2*A2)^2, puis on étire vers le bas.)
Figure 19.
Deux entiers pairs consécutifs : la différence de leurs carrés
Le carré de côté 2n (bleu) est posé dans le carré de côté 2n+2: leur différence est la bande orange, de largeur 2. L’échelle s’ajuste pour que le dessin remplisse le cadre.
TA CONJECTURE
D’après le tableau et la figure, il semble que la différence des carrés de deux entiers pairs consécutifs soit toujours…
✓ Oui : 4=4×1,12=4×3,36=4×9,100=4×25 et 1004=4×251. Les cas calculés sont établis ; pour tous les entiers, il faut une démonstration.
✗ Non : 12 n’est pas un multiple de 8, ni 4, ni 36. Un seul contre-exemple suffit à réfuter cette conjecture.
✗ Non : 4,36 et 100 sont des carrés parfaits, mais 12 n’en est pas un (32=9 et 42=16). Le contre-exemple n=1 suffit.
✗ Non : tous les résultats du tableau sont pairs ; le carré d’un nombre pair est pair, et la différence de deux nombres pairs est paire. C’est pour deux entiers consécutifs, comme 5 et 6, que la différence des carrés est impaire.
Mets ta conjecture à l’épreuve sur la figure : choisis « En carreaux de 2 sur 2» et fais varier n. La bande se découpe toujours en carreaux de côté 2, d’aire 4:n+1 en haut et n à droite. Ce découpage fait voir le résultat que l’étape 3 démontre : 4(2n+1), soit 2n+1 carreaux d’aire 4.
La suite de l’exemple, de la conjecture à la preuve, s’affichera ici dès que ta conjecture sera trouvée.
EXEMPLE COMPLET · DE LA CONJECTURE À LA PREUVE
Étape 2 : conjecturer. Les cinq résultats sont des multiples de 4:4=4×1,12=4×3,36=4×9,100=4×25 et 1004=4×251. Il semble que la différence soit toujours un multiple de 4. Les cas calculés sont établis, mais l’affirmation portant sur tous les entiers n’est pas encore démontrée.
Étape 3 : démontrer. Soit n un entier quelconque ; les deux entiers pairs consécutifs sont 2n et 2n+2. Deux méthodes :
Or n est un entier, donc 2n+1 est un entier : 4(2n+1) est un multiple de 4.
Étape 4 : conclure et vérifier. Donc, pour tout entier n, la différence des carrés de deux entiers pairs consécutifs est un multiple de 4; mieux, elle vaut 4(2n+1), quatre fois un nombre impair. ■ Contrôle sur la table : pour n=12,4(2n+1)=4×25=100. ✓
Comparaison des deux méthodes : le développement est plus automatique ; la factorisation donne en prime la raison du résultat : la différence est le produit de la somme des deux nombres, 4n+2, par leur écart, 2. C’est la factorisation qui se généralisera le mieux (au TD : et si les entiers sont des impairs consécutifs ?).
Pour s’entraîner, en fin de partie : modèle J2, « Démontrer une propriété des nombres entiers ».
POUR S’ENTRAÎNER
Méthodes et exercices
Les modèles de rédaction, les exercices d’application et les questions flash de cette partie, dans l’ordre du cours.
5.1 · Les identités comme outil de vitesse
MODÈLE C1
Calculer de tête un carré ou un produit proche d’un nombre rond
Les étapes
Écrire chaque nombre comme un nombre rond a plus ou moins un petit nombre b, puis nommer l’outil : (a+b)2,(a−b)2,(a+b)(a−b), ou la distributivité quand un seul facteur est proche d’un nombre rond.
Appliquer la formule avec ces nombres.
Calculer chaque terme de tête, puis le résultat.
Contrôler : le chiffre des unités et l’ordre de grandeur.
Pour (a−b)2, même rédaction : 2982=(300−2)2=90000−1200+4=88804. Avec des nombres décimaux, le contrôle porte sur le dernier chiffre : 20,2×19,8=202−0,22=399,96 se termine comme 2×8=16, par 6.
À résoudre
Calculer de tête : a) 3022; b) 302×298; c) 23×999.
Lire la rédaction complète
Sur la copie
a)① J’utilise (a+b)2=a2+2ab+b2 avec a=300 et b=2, car 302=300+2.
②3022=(300+2)2
②3022=3002+2×300×2+22
③3022=90000+1200+4=91204
④ Contrôle : le chiffre des unités est celui de 2×2=4, et 91204 est un peu plus grand que 3002=90000. ✓
b)① J’utilise (a+b)(a−b)=a2−b2 avec a=300 et b=2, car 302=300+2 et 298=300−2.
②302×298=(300+2)(300−2)
②302×298=3002−22
③302×298=90000−4=89996
④ Contrôle : le chiffre des unités est celui de 2×8=16, soit 6, et 89996 est un peu plus petit que 3002=90000. ✓
c)① J’utilise la distributivité k(a−b)=ka−kb avec k=23,a=1000 et b=1, car 999=1000−1 et seul 999 est proche d’un nombre rond.
②23×999=23×(1000−1)
②23×999=23×1000−23×1
③23×999=23000−23=22977
④ Contrôle : le chiffre des unités est celui de 3×9=27, soit 7, et 22977 est un peu plus petit que 23×1000=23000. ✓
Calculer de tête en reconnaissant la forme développée d’une identité
Les étapes
Reconnaître la forme et nommer a et b:a2−b2,a2+2ab+b2 ou a2−2ab+b2.
Écrire le produit correspondant : (a+b)(a−b),(a+b)2 ou (a−b)2.
Calculer de tête les parenthèses, puis la seule multiplication qui reste.
Contrôler le chiffre des unités.
Une différence de deux carrés devient une seule multiplication ; un carré parfait devient le carré d’un nombre rond. Avec le signe −, même rédaction : 632−2×63×3+32=(63−3)2=602=3600. Avec des nombres décimaux, 9,52−0,52=(9,5+0,5)(9,5−0,5)=10×9=90; le contrôle porte sur les chiffres après la virgule : 9,52 et 0,52 se terminent tous deux par 25 après la virgule, comme 5×5=25, donc leur différence n’a pas de chiffre après la virgule.
À résoudre
Calculer de tête : a) 762−242; b) 382+2×38×2+22.
Lire la rédaction complète
Sur la copie
a)① J’utilise a2−b2=(a+b)(a−b) avec a=76 et b=24.
②762−242=(76+24)(76−24)
③762−242=100×52=5200
④ Contrôle : 762 se termine comme 6×6=36, par 6;242 se termine comme 4×4=16, par 6; la différence se termine donc par 0, comme 5200. ✓
b)① J’utilise a2+2ab+b2=(a+b)2 avec a=38 et b=2.
382+2×38×2+22
②=(38+2)2
③=402=1600
④ Contrôle : les chiffres des unités des trois termes sont 4,2 et 4, et 4+2+4=10 se termine par 0, comme 1600. ✓
Une photo carrée de 15cm de côté est collée au centre d’un carton carré de 17cm de côté. Calculer de tête l’aire de la partie visible du carton.
Les étapes
Sur la copie
① Je sais que le carton est un carré de 17cm de côté et que la photo, collée au centre, est un carré de 15cm de côté.
② Je cherche l’aire A de la partie visible du carton : c’est l’aire du carton moins l’aire de la photo, donc A=172−152, en cm².
③ J’utilise a2−b2=(a+b)(a−b) avec a=17 et b=15:A=(17+15)(17−15)=32×2=64.
④ Conclusion : la partie visible du carton a une aire de 64 cm2.
⑤ Vérification : la partie visible est une bande de 1cm de large autour de la photo ; sa ligne médiane mesure environ 4×16=64cm, d’où une aire d’environ 64×1=64cm2. ✓
Au TD : exercice 4.3 a) et b) (calcul de a) : modèle C2) ; facultatif : exercice 4.6
5.2 · Démontrer un résultat général : de la conjecture à la preuve
MODÈLE J3
Tester une affirmation sur des exemples et conjecturer
Les étapes
Calculer chaque exemple, en écrivant le calcul.
Écrire ce que l’on constate ; si l’énoncé le demande, formuler la conjecture : « Il semble que… ».
Dire ce que les exemples établissent : seulement les cas testés ; pour tous les nombres, il faut une démonstration.
À résoudre
Calculer la somme de deux entiers consécutifs sur trois exemples, formuler une conjecture, puis dire ce que ces exemples établissent.
Lire la rédaction complète
Sur la copie
①5+6=11;12+13=25;40+41=81.
② Ces trois sommes sont impaires. Il semble que la somme de deux entiers consécutifs soit toujours impaire.
③ Ces exemples établissent seulement les cas testés : l’affirmation porte sur une infinité d’entiers, il faut donc une démonstration avec une lettre.
Partir du nombre de départ : le nombre donné, ou x pour un nombre quelconque.
Effectuer les instructions dans l’ordre, un calcul par instruction ; avec x, mettre entre parenthèses le résultat précédent quand l’instruction suivante le multiplie ou l’élève au carré.
Écrire le résultat ; avec x, développer et réduire l’expression obtenue.
Avec un nombre, les calculs s’écrivent sur une ligne, séparés par « ; » ; avec x, une ligne par instruction.
À résoudre
Programme : choisir un nombre ; le multiplier par −3; ajouter 8; multiplier le résultat par 2. a) Calculer le résultat avec 4 au départ. b) Vérifier que le nombre de départ 2 donne 4. c) Exprimer le résultat en fonction du nombre de départ x.
Lire la rédaction complète
Sur la copie
a)① Avec 4 au départ : ②4×(−3)=−12;−12+8=−4;−4×2=−8.③ Le résultat est −8.
b)① Avec 2 au départ : ②2×(−3)=−6;−6+8=2;2×2=4.③ J’obtiens bien 4. ✓
c)① Avec x au départ :
② Je multiplie par −3:−3x. J’ajoute 8:−3x+8. Je multiplie le résultat par 2:2(−3x+8).
Démontrer qu’une égalité est vraie pour tout nombre
Les étapes
Partir d’un membre, en général celui que l’on peut développer ou réduire.
Le transformer par une chaîne d’égalités justifiées, une étape par ligne, jusqu’à obtenir l’autre membre (ou transformer chaque membre jusqu’à une même expression).
Conclure : « Donc, pour tout nombre x, … », puis ■.
Dans une démonstration, un produit se développe en une ligne, produits déjà calculés.
À résoudre
Démontrer que, pour tout nombre x: a) (x+2)(x+6)−(x+4)2=−4; b) (3x+1)2−1=3x(3x+2).
Lire la rédaction complète
Sur la copie
a)① Je développe le membre de gauche.
(x+2)(x+6)−(x+4)2
②=x2+6x+2x+12−(x2+8x+16)double distributivité, puis (a+b)2=a2+2ab+b2
②=x2+6x+2x+12−x2−8x−16le signe − change le signe de chaque terme de la parenthèse
②=−4je regroupe les termes semblables
③ Je retrouve le membre de droite. Donc, pour tout nombre x,(x+2)(x+6)−(x+4)2=−4.■
b)① Je développe chaque expression.
②(3x+1)2−1=9x2+6x+1−1(a+b)2=a2+2ab+b2
②(3x+1)2−1=9x2+6x
②3x(3x+2)=9x2+6xdistributivité simple
③ Les deux expressions sont égales à 9x2+6x. Donc, pour tout nombre x,(3x+1)2−1=3x(3x+2).■
Choisir la lettre et dire ce qu’elle désigne : « Soit n un entier quelconque », puis écrire avec elle les nombres de l’énoncé (consécutifs n,n+1; pair 2n; impair 2n+1).
Calculer, développer ou factoriser : une chaîne d’égalités, une étape par ligne, sans jamais remplacer n par un nombre.
Reconnaître la forme obtenue : « Or… » (3k est un multiple de 3,2k+1 est impair), en disant pourquoi k est un entier.
Conclure : « Donc, pour tout entier n, … », puis ■.
La lettre désigne le premier nombre de l’énoncé.
À résoudre
Démontrer que la somme de quatre entiers pairs consécutifs est un multiple de 4.
Lire la rédaction complète
Sur la copie
① Soit n un entier quelconque. Quatre entiers pairs consécutifs s’écrivent 2n,2n+2,2n+4 et 2n+6.
② Je calcule leur somme :
2n+(2n+2)+(2n+4)+(2n+6)
②=8n+12je regroupe les termes semblables
②=4(2n+3)je mets 4 en facteur
③ Or n est un entier, donc 2n+3 est un entier : 4(2n+3) est un multiple de 4.
④ Donc, pour tout entier n, la somme de quatre entiers pairs consécutifs est un multiple de 4.■